Dès le 1er juillet, les seconds parents pourront profiter d’un congé naissance allongé : il passe de 11 jours actuellement à 25 jours.

C’est une décision qui s'inscrit dans la lignée des recommandations faites dans le cadre du Parental Act, qui réunissait déjà des entreprises engagées pour une parentalité inclusive, proposant un congé second parent étendu à 30 jours.

Le 12 mai dernier, un décret allongeait le congé paternité ou second parent de 11 jours à 25 jours. Dès le 1er juillet, tous les seconds parents d'un enfant à naître pourront en profiter. Mais comment faire ?

Au total, les seconds parents pourront bénéficier de 28 jours de congés. Aux trois jours de congés de naissance pour les seconds parents, 25 jours s’ajoutent au lieu de 11 jours actuellement.  Ces jours de congés peuvent être pris dans un délai de six mois à compter de la naissance de l'enfant, en continu ou en plusieurs périodes. En cas de naissance multiple, le congé du second parent est de 35 jours au total en comptabilisant le congé de naissance initial (les 3 jours).

Objectifs de cette mesure gouvernementale ?

Favoriser l’égalité femmes-hommes, en assurant un meilleur équilibre des rôles entre les deux parents ; ce, tout en améliorant la qualité de vie au travail des jeunes pères ou seconds parents. Pour les employeurs et les RH, il s’agit par ailleurs d’un levier d’attractivité et de fidélisation des collaborateurs. Plusieurs entreprises évaluées par Mixity sur leur politique parentalité ont d'ailleurs déjà appliqué cet allongement du congé naissance pour le second parent.

Ces entreprises engagées en faveur d'une politique parentalité active s'impliquent fortement par ailleurs pour inciter les seconds parents, notamment les pères, à prendre leur congé naissance. En effet, la sensibilisation à l'équilibre femmes-hommes dans la parentalité restent un enjeu clé des politiques d'égalité professionnelle des entreprises. 30% des pères ne prennent pas encore leur congé naissance et il reste donc important de mobiliser les salariés dans l'entreprise sur ces sujets d'équilibre des temps de vie.

En allongeant la durée du congé paternité, la France entend rattraper son retard sur certains de ses voisins européens, mais reste loin de pays comme la Suède, qui est particulièrement généreuse. Les deux parents peuvent se répartir 480 jours de congés, en partie indemnisés, dont au moins deux mois chacun. Autre pays scandinave, la Finlande devrait bientôt porter le congé paternité à 7 mois.

Selon une étude de l’Unicef réalisée via un tour d’horizon parmi les 41 pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) et l’Union européenne (UE), la France occupe une place médiane – elle arrive 19e – alors que les «meilleurs élèves» sont le Luxembourg, l’Islande, la Suède, la Norvège et l’Allemagne, qui proposent les meilleures politiques de garde d’enfants parmi les pays riches.

Des entreprises internationales, sans attendre les décisions gouvernementales, s'engagent par ailleurs de plus en en plus pour allonger significativement le congé du second parent, en en faisant un outil d'attraction des talents et de fidélisation RH. C'est le cas de Volvo qui a récemment annoncé l'octroi d'un congé parental de 6 mois à l'ensemble de ses salariés, partout dans le groupe.

Il faut noter par ailleurs que le congé paternité ou second parent est pris par 70 % des hommes (étude DREES), mais que selon une étude de l’OFCE, publiée en avril 2021, le congé parental à temps plein n’est de son côté demandé que par 1 % des pères. Un faible recours au congé qui s’expliquerait par la faible indemnisation prévue (399 € mensuels), mais également par des “biais de genre”.

Qui peut prétendre à ce congé paternité ou second parent ?

Que vous soyez fonctionnaire, travailleurs indépendant ou salarié (F/H/NB) dans une entreprise, vous pouvez bénéficier de ce congé. C'est aussi applicables aux travailleurs non salariés, comme les agriculteurs-agricultrices.

Ce congé n'est pas réservé qu'aux seuls papas. Il s'adresse à tous les seconds parents, quel que soit leur sexe ou leur identité de genre.

Cette période de congé du second parent est-elle rémunérée ?

Cet allongement du congé paternité, dont le coût est estimé à 500 millions d'euros sur une année, sera financé par la Sécurité Sociale. Les trois jours du congé de naissance resteront à la charge de l'employeur.

Pour bénéficier de cette prise en charge, le second parent devra consommer au minimum sept jours en continu immédiatement après la naissance de l’enfant soit 3 jours de congés de naissance suivis de 4 jours à prendre sur le quota des 25 jours de congé du second parent.

Il est demandé également de prévenir son employeur au moins un mois à l’avance de la date prévue de la naissance.

La parentalité, un levier d'inclusion au coeur des politiques égalité professionnelles des entreprises

Dans le cadre des analyses Diversité et Inclusion menées par Mixity, plusieurs indicateurs relèvent des actions menées par les entreprises pour encourager les équilibres vie professionnelle-vie personnelle.

La parentalité est un des facteurs d'inégalités identifiés pour l'évolution de carrière chez les femmes. Les entreprises sont désormais tenues de s'engager en faveur de la parentalité : 80% des salariés en entreprises sont parents, on ne peut pas négliger ce rôle clé dans la vie des employés (F/H/NB).

Améliorer les équilibres de vie en entreprise, proposer des aides à la parentalité, comme des congés plus longs pour les seconds parents, des places en crèche ou des aides à la garde d'enfants, une flexibilité des horaires, un accompagnement au retour du congé maternité... sont des dispositifs qui permettent aux femmes et aux hommes de mieux concilier leur vie de parent et leur développement carrière.

Pour en savoir plus sur l'évaluation des politiques d'Egalité Professionnelle Femmes-Hommes par Mixity, contactez notre équipe ici.

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